Arthur Lamothe: Rétrospective de celui qui osa parler d'éthnocide
http://www.radio-canada.ca/url.asp?/culture/modele-document.asp?section=cinema&prov=reportage&idRegi 2005/03/01
L'oeuvre du cinéaste Arthur Lamothe, auteur d'une saga amérindienne sans commune mesure, fait l'objet d'une rétrospective.

En présentant 14 de ses films, d'ici le 30 mars, la Cinémathèque québécoise retrace une carrière qui s'échelonne sur 40 ans. Intitulée Arthur Lamothe, L'explorateur de territoires, elle va des Bûcherons de la Manouane (1962) au Silence des fusils (1996), son quatrième long métrage de fiction, en passant par Le mépris n'aura qu'un temps (1969), documentaire retentissant commandé par la CSN.

« Dans le documentaire québécois, Arthur Lamothe fait partie des grands, et dans le créneau dans lequel il s'est spécialisé, le cinéma en rapport avec les questions amérindiennes, il est unique. Il est adopté par les Amérindiens, ce qui fait que ses films réussissent à saisir des images qu'un cinéaste normal, c'est-à-dire qui arrive sur un territoire et y séjourne quelque temps, ne réussirait pas à capter », explique le conservateur du cinéma québécois à la Cinémathèque québécoise, Pierre Veronneau, qui accordait une entrevue au chroniqueur culturel de l'émission Désautels, Pierre Landry.

Un cinéaste engagé
De 1973 à 1983, Arthur Lamothe a réalisé une série de 13 longs et moyens métrages, la Chronique des Indiens du nord-est du Québec. Il a documenté les revendications des Amérindiens, prenant à partie les pouvoirs politiques blancs et parlant carrément d'ethnocide pour qualifier l'attitude des Blancs envers les Amérindiens.
Un article de Lili Marin.

Né en 1928 en Gascogne, il est arrivé au Québec en 1953. Il a étudié l'économie politique à l'Université de Montréal et écrit sur le cinéma, notamment dans Cité Libre et dans Liberté. Il a travaillé à Radio-Canada, puis à l'ONF, se liant avec Gilles Carle. Il a d'ailleurs coscénarisé La mort d'un bûcheron et participé aux Corps célestes, tandis que Gilles Carle a coscénarisé Équinoxe (1986). Il a ensuite réalisé de nombreux films à caractère pédagogique, social et politique. Ses documentaires ont obtenu plus de succès que ses oeuvres de fiction.

Un parcours jalonné d'honneurs
En 1980, il recevait le prix Albert-Tessier, en 1996, la France le faisait Chevalier des arts et des lettres et il devenait membre de l'Ordre du Canada. Le festival Présence autochtone lui rendait hommage en 2004. Ses films Les Bûcherons de la Manouane et Mémoire battante font partie de la cinémathèque de base en études québécoises constituée par l'Association internationale d'études québécoises.

Il travaille actuellement à un DVD regroupant ses films sur la réalité innue. Bien qu'il ait récemment subi des accidents vasculaires cérébraux, il est présent à la plupart des séances organisées à la Cinémathèque.